Jardin-Forêt

Le jardin forêt 

Histoire L’agroforesterie est un mode de culture largement répandu depuis des milliers d’années sous la ceinture tropicale, avec l’exemple des agroforêts ou des jardins de case et dans les oasis. La grande majorité des espèces forestières sont vivaces, ce qui les distingue de l’agriculture annuelle, non pérenne. Dans les pays tempérés, l’agroforesterie est à réinventer et le premier jardin-forêt dans l’hémisphère nord date seulement des années 60, créé en Angleterre par l’inspirant Robert Hart. Pourtant, sous nos latitudes, la végétation naturelle n’est autre que la forêt et tout lieu laissé à l’abandon est voué, tôt ou tard, à retrouver cet aspect originel. Car, à bien y voir, l’agriculture, telle que nous la pratiquons, n’est qu’une succession de travaux (défrichage, labour, désherbage…) conçus pour détruire et empêcher la végétation climax de s’installer, avec tout ce cortège de conséquences que nous connaissons et subissons. Un JARDIN-FORÊT, quelle que soit sa taille, imite les processus naturels, gage de résilience, de durée et de sécurité. C’est une révolution agricole, la manière la plus aboutie de concilier les lois naturelles à nos productions alimentaires, de conjuguer les réussites du passé aux connaissances scientifiques et intuitives les plus modernes…

Qu’est-ce qu’un JARDIN-FORÊT?

C’est un jardin comestible étagé imitant la structure, la biodiversité et la résilience d’un jeune boisement naturel. On y trouve donc des arbres nourriciers de grand ou de petit développement, associés à des arbustes, des vivaces herbacées, des aromatiques, des annuelles, des légumes-racines, des champignons et des lianes qui complètent à merveille la structure verticale. Un plan d’eau peut venir parfaire la complexité du design et l’ensemble est implanté de manière réfléchie, pour intensifier les interactions positives. C’est l’utilisation de plantes essentiellement pérennes qui donne au système sa durabilité.

7 strates sont décrites :

Une règle d’or à respecter sous nos latitudes : une forêt comestible tempérée doit être conçue de manière à laisser passer la lumière jusqu’au sol. Pour cultiver des annuelles et des plantes potagères, le design doit comporter des clairières ou prévoir un espacement suffisant entre les plantations. Peut-être vous demandez-vous ce que peut produire un jardin étagé imitant un jeune espace boisé? La liste, non exhaustive, est longue :

Créer un jardin-forêt permet ainsi de retrouver INDÉPENDANCE, SÉRÉNITÉ ET ABONDANCE !

grand jardin foret permaculture
jardin foret coq
Schisandra jardin foret

Les bases de la permaculture

Définir les bases de la permaculture, les comprendre, les saisir, implique d’élargir notre système de pensées. Car si certains restreignent le concept à une simple technique de production de légumes, la permaculture va en fait bien au delà… Définie par ses pères, Bill Mollison et David Holmgreen, cette manière d’aborder la vie est à l’image du rapport que les peuples premiers entretenaient avec le monde : c’est une démarche de conception éthique visant à construire des lieux de vie durables, puisque calqués sur le fonctionnement de la nature, respectant l’ordre cosmique. La permaculture amène à penser, en plus des manières de produire notre nourriture, sur la manière de construire, de rester en santé, de gérer l’énergie, d’éduquer, de vivre en société, de respecter l’autre et soi-même ; de se réaliser, notamment par l’art des joies simples, le partage, l’action, le bien être, la créativité, la contemplation. La permaculture est un acte politique au sens noble, puisque visant à soutenir l’implantation de sociétés modernes respectueuses et créatives, durables et solides, sans emprunte écologique. Mieux encore même : dans ses modèles agricoles, la permaculture envisage que les substances nécessaires à nos (vrais) besoins soient prélevées dans un milieu tout en le régénérant. On parle alors d’aggradation, l’inverse de ce qui est induit par les sociétés capitalistes visant le court terme, les profits et entièrement basées sur les phénomènes de dégradation. A travers la permaculture, nous grandissons en même temps que les plantes de notre jardin, nous vivons avec elles et avec les insectes, les champignons, le monde visible et invisible, abandonnant peu à peu nos croyances duelles et anthropomorphiques. Nous réalisons que nous sommes un élément capital du grand tout, au même titre que le vent, le feu, les plantes, les micro-organismes, les minéraux, le sol, l’eau, les autres animaux… Ainsi approchées, les grandes bases de la permaculture peuvent aussi être résumées :

  • observer avant d’agir, se donner du temps
  • commencer petitement et puis s’étendre
  • cultiver les vertus
  • s’inspirer de la nature, de sa diversité, essayer de comprendre ses lois, la complexité merveilleuse des systèmes, utiliser les effets de bordure, les interactions d’écosystèmes mêlés
  • utiliser et développer les ressources existantes
  • conserver la matière et l’énergie (recycler, faire circuler, optimiser, aggrader, faire croître, être acteur sans dominer…)
  • travailler avec la nature, jamais contre elle, le problème étant la solution, tout obstacle devenant possiblement une opportunité
  • prélever sa part dans un lieu, donc, tout en le restaurant
  • échanger, troquer, diffuser
  • penser dans l’espace et dans le temps, envisager les crises passées, présentes et à venir pour édifier un monde vert et bienveillant
  • s’amuser, remercier, rester en éveil, curieux(se), inspiré(e) et, jusqu’à la dernière minute, toujours vivant.

Des plantes comestibles méconnues…

Imaginons de délicieuses salades de feuilles issues de plantes pérennes, herbacées ou ligneuses, productives durant des années. Pensons à de gros fruits exotiques, aromatiques et sucrés provenant pourtant d’un arbre rustique de votre jardin-forêt. Imaginons aussi une production d’huile alimentaire grâce à des conifères poussant à l’ombre ou encore arrêtons-nous sur la beauté de lianes courant ici et là et donnant des fruits par panier… Tout ceci, loin d’être un rêve, n’est que la présentation d’un tout petit fragment d’espèces méconnues que notre espèce a su utiliser mais qu’elle est en train d’oublier. En effet, si plus de 7 000 espèces de plantes ont été cultivées ou collectées depuis les origines de l’agriculture d’après la FAO, on considère généralement que seules quelques dizaines d’entre elles couvrent aujourd’hui les besoins de l’humanité. Les jardins-forêts souhaitent inverser cette tendance et réintroduire, en plus de l’utilisation de potagères et de fruitiers classiques, des centaines de plantes utiles, comestibles et pérennes. Une surprenante aventure verte à vivre et à partager !
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