Incidence des vents sur l’architecture végétale : la thygmomorphogénèse!

Les plantes ont co-évolués avec les vents. Phénomène biologique logique, confirmé par les sciences les plus récentes : les tissus des arbres (et des autres ligneux) perçoivent la déformation mécanique causée par les mouvements d’air et y réagissent intelligemment. Pour cela ils modifient tissus et silhouette, adoptant un profil plus aérodynamique (investissement dans une forme trapue, diminution de la surface foliaire et de la rigidité des pétioles, synthèse accrue de bois de flexion et de bois de réaction pour davantage s’adapter dans l’espace…)

Usage concret pour le jardinier : les années suivant la transplantation d’un arbre sont cruciales car elles imposent au végétal une adaptation à un nouvel environnement de vents, souvent bien différent de celui de sa pépinière d’origine! Une pratique encore courante est le tuteurage ferme de l’arbre afin de le protéger, un temps durant, des forts coups de vents. Pourtant cette technique rigide conduit à de nombreux arbres brisés quand le tuteurage est ôté. En effet, l’arbre qui se trouvait figé dans le paysage ne pouvait ressentir les mouvements de vents propres à chaque secteur et s’y adapter

Si un tuteurage au départ s’avère vraiment nécessaire, il devra donc être à la fois soutenant et suffisamment lâche pour permettre à l’arbre de réagir physiquement aux couloirs éoliens, d’en accompagner les mouvements, afin d’adapter son faisceau racinaire, ses tissus aériens. Enfin plus l’arbre planté sera jeune, plus il aura de souplesse génétique pour adopter l’architecture la plus adaptée à un endroit donné !

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