La ferme d’Antoinette lance un programme de recherche sur la lactation et la médication des chèvres dans un environnement agroforestier. La Forêt Gourmande met à disposition les plants de la pépinière associative.

Voici la liste d’arbres et de lianes fourragères implantés sur la parcelle d’élevage caprin, lors de la plantation en décembre 2021.

Bien souvent contraintes d’évoluer dans des espaces vides, de 2D alimentaire (prairies enherbées non arborées), sans un seul arbuste, les chèvres sont pourtant naturellement voraces de feuilles, écorces, bourgeons, écorces (de saule, ronces, frêne, ormes, noisetier…). Elles aiment et en ont physiologiquement besoin. Les parcours agroforestiers, tels que favorisés par le passé, ont été balayés par la fausse révolution verte du milieu du XXème basée sur la monoculture, l’usage d’entrants et d’énergie fossile. Leur réimplantation réfléchie, avec des espèces et des provenances locales ou stratégiques sont désormais une nécessité sanitaire, économique et écologique.

Le pâturage à ras du sol, de l’herbe, présente un risque parasitaire tandis que le fourrage d’arbres, d’arbustes et de lianes pour les chèvres (et tous les autres herbivores!) moins risqué, présente en plus bien d’autres avantages :

  • Valeur nutritive, fraîcheur de la ration, biodisponibilité, diversité alimentaire
  • Production fourragère une grande partie de l’année, (voire même l’hiver pour les espèces persistantes !)
  • Aspect médicinal, protection antiparasitaire de certains bourgeons ou feuillages, automédication possiblement plus diversifiée du troupeau (plus d’espèces végétales présentes induites par la reforestation et l’effet de lisière).
  • Production locale et immédiate de biomasse, à même la parcelle.
  • Stockage de carbone augmenté grâce à la forme « arbre »
  • Soutien à la biodiversité associée.
  • Meilleure résistance du paysage arboré à des séquences climatiques chaudes et sèches.
  • Création de sites ombragés.
  • Production de ressources complémentaires pour les éleveurs eux-mêmes (fruits, perches, petits bois, feuilles, graines…).

Passé le choix d’espèces ligneuses nourricières, la gestion même des ligneux sera à considérer : en plus d’arbres laissés en forme libre s’ajoutera aussi la conduite en têtard, en taillis, en établissement de colonie clonale issue de drageonnement racinaire (robinier, broussonetia, toona…). Quant à l’aspect fonctionnel et paysager, les plantations pourront se faire en isolé, en îlot ou en haies, et même bien sûr, naturellement, par semis spontané ou par la déprise de zone aboutissant à terme à des zones embroussaillées qui concourra encore au plaisir du troupeau. Les lianes fourragères pourront être guidées à l’horizontale sur les clôtures, ou entre deux arbres.

Essences choisies dans ce contexte :

1 – Essences autochtones

  • Bouleau verruqueux (Betula pendula) : espèce pionnière fourragère d’installation rapide, excellant dans les milieux ouverts humides, frais. Sensible aux problématiques de surchauffe et de sécheresse climatique.
  • Frêne commun (Fraxinus excelsior) : sujets de provenance locale et issus d’arbres mères semblant peu sensibles à la chalarose.
  • Érable champêtre (Acer campestris) : provenance locale et sudiste (de la région de Montpellier)
  • Orme (Ulmus minor) : essence fourragère d’importance, ayant considérablement régressé au XXème à cause de l’arrivée de la graphiose. Les individus plantés seront naturellement conduits en taillis de par l’action de broutage des chèvres. 
  • Cornouiller mâle (Cornus mas) : essence native adaptée au contexte d’implantation (climat-sol-objectifs)
  • Tilleul à grandes feuilles (Tilia platyphyllos) : très bonne espèce fourragère, également mellifère.
  • Viorne obier (Viburnum opulus) : arbuste adapté aux bas-fonds mouilleux et présentant des qualités possiblement médicinales pour un troupeau caprin
  • Sureau noir (sambuscus nigra) : arbuste aux qualités possiblement médicinales pour un troupeau caprin. Participe à la diversité alimentaire et au soutien de la biodiversité générale de la parcelle.
  • Mauve en arbre (Hibiscus syriacus) : archéophyte ligneuse et fourragère de qualité, à l’image des autres Malvacées herbacées d’Europe.
  • Vigne (Vitis) : cépages résistants aux maladies, implantés pour l’objectif fourrager. De plus les lianes ont toutes leur importance dans un projet de reforestation nourricière, pour les humains ou non-humains. Elles assurent de nombreux rôles écologiques, densifiant le paysage, contribuant aussi à créer des effets d’ombrage supplémentaire qui seront bienvenus lors d’étés torrides. 
  • Houblon (Humulus lupulus) : liane autochtone présentant un effet galactogène, recherché pour la production laitière du troupeau.

3- Essences Méditerranéennes

Dans un objectif d’adaptation des paysages agricoles ou d’élevage aux problématiques climatiques, il nous est apparu essentiel de miser sur une implantation d’espèces ou de provenances sudistes, naturellement adaptées à des séquences climatiques chaudes et sèches. 

  • Chêne vert Ballote (Quercus ilex Ballota) : espèce naturellement peu tannique et persistante, permettant un nourrissage du troupeau même l’hiver à partir de rameaux et de feuilles fraiches. 
  • Frêne à fleurs (Fraxinus ornus) : espèce résistant à la sécheresse et à la chalarose.

2- Essences exotiques 

(Espèces pouvant se comporter de manière envahissante dans certains milieux anthropisés ou subissant des perturbations régulières et naturelles comme les milieux fluviaux.)

  • Mûrier en arbre (Morus nigra) : très bon arbre fourrager sudiste introduit de longue date en France pour la sériciculture. Fruits comestibles.
  • Mûrier à papier (Broussonetia papyrifera): espèce fourragère résistante à la sécheresse, dont le comportement drageonnant permettra l’établissement spontané de taillis et de bosquets alimentaires pour les chèvres.
  • Chalef d’Automne (Elaeagnus umbellata) : grand arbuste pionnier fixateur d’azote.
  • Cabrillet de Dickson (Ehretia dicksonii) : borraginacée arborescente, fourragère et bio-accumulatrice. Hautes teneurs en matières minérales des fructifications.
  • Arbre salade (Toona sinensis) : espèce fourragère bien documentée, résistante à la sécheresse, dont le comportement drageonnant permettra l’établissement spontané de taillis et de bosquets alimentaires pour les chèvres.
  • Robinier faux-acacia (Robinia pseudo acacia) : arbre légumineux bien connu, introduit en Europe au XVIème. Très bon fourrage pour ce contexte.
  • Févier d’Amérique (Gleditsia triacanthos) : forme inerme ou épineuse selon l’usage en haie défensive nourricière ou alors utilisé isolé en îlot de reforestation.
  • Arbre à miel (Tetradium daniellii) : rutacée arborescente, probablement consommée par le troupeau pour son usage déparasitaire ou médicinale.
  • Catalpa (Catalpa bignonioides) : très bon arbre fourrager.
  • Ginkgo (Ginkgo biloba) : arbre ayant un long usage médicinal pour les humains et les animaux.
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